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07 avril 2019 La revue > à Chartres, le 7 avril

La 37ème Paulée des Vins de Loire

Le 7 avril dernier, environ 250 personnes (vignerons, restaurateurs, cavistes et journalistes) étaient réunies  au Grand Monarque de Chartres pour goûter les accords de vins de Loire  commentés par Olivier Poussier (meilleur sommelier du Monde 2000) et la cuisine à 4 mains de Pierre Gagnaire et de Thomas Parnaud.
Ce fut l’occasion de (re)goûter les vins de vignerons et de domaines connus : François et Julien Pinon (vouvray), Patrice Colin (coteaux du Vendômois), Didier et Damien Richou (coteaux de l’Aubance), Benoît Montel (côtes d’Auvergne), le domaine de la Pépière (muscadet) et le domaine de Juchepie (cotaux du Layon-Faye).
Les découvertes de la soirée furent :

- Le coteaux du Giennois blanc « Champ Gibault » 2017 de Florian Roblin.


Ce jeune vigneron exerce depuis 12 ans à 45-Beaulieu-sur- Loire (tél. : 06 61 35 96 69) sur 3 ha après avoir travaillé chez des gens comme François Villard, Alphonse Mellot et Jean-Louis Trapet. Les vignes, sur un terroir d’argile à silex, sont travaillées et le raisin est vendangé manuellement. Le vin est élevé sur ses lies en cuves béton. Ce sauvignon 2017 explose au nez avec des notes fruitées (pomme verte, agrumes) et minérales fumées. La bouche, tonique et élancée, procure un plaisir immédiat. Sans doute le vin blanc sec le plus dynamique de la soirée avec une tension et une fraîcheur remarquables.

- Le gamay de Touraine « Nebula 1894 » d’Isabelle Pangault (41700 Sassay).


Cette jeune femme, au bout de 10 ans  de travail en viticulture, œnologie et marketing du vin dans le sud de la France et à l’étranger, effectue un retour au pays natal, au sud de Contres. Sur son domaine de 14 ha au terroir de sable sur argile, on trouve, entre autres, des vignes de gamay plantées en 1894 travaillées dans les règles de l’art et dont le vin est vinifié et élevé en cuves bois tronconiques. Les vieilles vignes donnent un vin à la robe noire, au nez de merise presque confite avec des notes fumées. La bouche est juteuse, ample, fraîche et tendue. Un vin exceptionnel et totalement original que la créatrice, qui chante à ses moments perdus, a décrit sur un air jazzy. Saluons la réussite de ce premier millésime.

Pour le premier vin, Pierre Gagnaire imagina une fricassée de homard au gingembre, beurre émulsionné aux agrumes ; mangue jaune, soja frais, pamplemousse thaï, pomme verte. Pour le second, un biscuit de foie gras, fregola et oignons doux truffés et un velouté vert au parmesan. Une cuisine complexe presque sophistiquée qui témoigne de l’imagination bouillonnante du chef.

L’intervention utile de Jérôme Gagnez nous révéla qu’il n’existait plus que 2 fermes qui produisaient l’authentique fourme de Montbrison : la fromagerie bio de la Griotte à Sauvain (42) et la ferme des Hautes Chaumes à Valcivières (63), le reste de la production étant dans les mains de Lactalis. Celle qui fut servie, affinée par Bernard Antony, s’accompagnait un magnifique coteaux de l’Aubance « Les Violettes » 2014 du domaine Richou tout en fraîcheur et en élégance.

Remercions la famille Jallerat qui depuis 37 ans organise sans faille cette manifestation qui est l’occasion de formidables échanges entre les convives tous passionnés par le vin.

Henri-Noël Lagrandeur